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Un voyage proposé par l’Internationale Amis de la Nature (IAN) et particulièrement bien organisé par des Amis de la Nature Sénégalais (ASAN) m’a permis, ensemble avec des camarades Allemands et Autrichiens de connaître la vie des habitants en ville et en campagne. Depuis environ 25 années existent au Sénégal des groupes locaux d’Amis de la Nature, fondés par des personnes soucieuses de leur environnement et actives dans la vie publique, surtout dans l’enseignement. Ainsi nous avions l’occasion d’assister à des présentations de danses et chants, nos accompagnateurs locaux nous expliquant coutumes, faune et flore.
Les premiers jours nous logions dans la maison AN à Petit Mbao près de Dakar, d’ou un bus nous amenait aux buts programmés à Dakar et environs: réserve d’animaux sauvages, un cloître bénédictin et son agriculture entretenue par les moines et des employés locaux; tour de ville de Dakar; visite d’un atelier de tisserands traditionnels et les « artisans de recycling », d’une manufacture de tapis muraux à Thiès, non sans oublier l’occasion de participer à un workshop de poterie artisanale avec les femmes du village. Une journée entière était consacrée à la visite de l’île de Gorée et son histoire d’esclavage.
Notre voyage continue dans l’intérieur du pays direction Tambacounda via Kaolack au Parc National Niokolo Koba avec séjour à Dialacoto (programme culturel du groupe AN) et à Dar Salam avec visite d’une station sanitaire financée par les Amis de la Nature français. Le voyage en 4x4 à travers forêts et savane, en bateau sur le fleuve Gambia nous permettait d’observer aussi près que possible les animaux sauvages, la végétation, crocodiles et hippopotames.
Un autre séjour à Kédougou nous permettait de faire des randonnées à pied, p.ex. à la chute d’eau Dindefelo ou la montée à Andiel pour rendre visite à l’éthnie des Bedick qui vit dans des villages en montagne et dont l’histoire mériterait d’être raconté spécialement. Comme aussi celle des chercheurs d’or à Bantaco. Le marché à Kédougou nous impressionnait particulièrement par ses innombrables boutiques d’étoffes, couturiers, bijouteries, épices et nourriture pêle-mêle entre ateliers de réparation de vélos et voitures. Nous avons vu les femmes laver leur linge dans les rivières, le sécher au soleil et remporter sur la tête, avec l’enfant sur le dos en rentrant au village.
Nous avons gagné tant d’impressions dont le récit conduirait trop loin ici. Je pense à leurs habitations dans les villages qui nous paraissent si précaire. Mais ses maisons rondes construites par eux-mêmes sont adaptées à l’environnement villageois et font partie du paysage. Je pense aux artisans, ébénistes, forgerons etc. en ville qui confectionnent et exposent de magnifiques ouvrages devant leur habitation au bord de la route. Les marchés en campagne où se mêlent animaux domestiques aux marchands, carrioles typiques de transport aux vélomoteurs et autres voitures nous donnent une image vivante du pays.
Le retour à Dakar (720 km) se faisait sur la même route, en partie en bon état (construite par la Banque Mondiale) mais aussi parsemée d’une jungle de nids de poule. Notre chauffeur Moussa, champion de slalom, mérite des louanges. Cette route amène d’innombrables camions surchargés de Dakar à Bamako (Mali). En parallèle existe la seule ligne de chemin de fer qui passe 1x par jour avec très peu d’arrêt.
Lors d’un arrêt au retour à Tambacounda nous avions encore une fois l’occasion d’assister à un programme musical présenté par le groupe AN local. Au retour à Petit Mbao nous faisions lors d’une randonnée par la proche forêt, la connaissance d’une plantation maraîchère entretenue sans machines par une coopérative de femmes qui y produit et récolte pour la vente et leur propre usage, le terrain leur étant mis à disposition par la commune.
Avant notre départ nous avions l’occasion d’exprimer nos impressions devant le président et fondateur de l’ASAN et nos accompagnateurs. Durant notre voyage nous avons observé souvent des feux de brousse qui nous intriguaient comme aussi les ordures répandues dans les villages. Nos amis en sont conscients et essayent sur place de trouver des solutions, surtout par l’éducation des enfants.
Nous ne voulons pas critiquer mais comprendre que la façon de vivre des Africains est conditionnée par les situations météorologiques. L’avenir dépend avant tout des compétences et décisions gouvernementales. Nos Amis au Sénégal sont reconnaissants de notre intérêt pour leur pays et remercient de notre solidarité.
La conférence des présidents AN international 2011 a eu lieu dans leur maison à Petit Mbao, Dakar.
Nyon, février 2011 Elly Ravay

















